Première expérience camping avec mes jumeaux d’un an.

Ma femme est cintrée ! Voilà ce que je pensais toute la semaine précédent notre première expérience sous tente avec nos jumeaux. A seulement un an, il faut écrire que le quotidien est une logistique digne d’un déploiement sur une plage normande, néanmoins bien aidé par le confort de la vie moderne. Alors camper avec eux, c’était pour moi la certitude de vivre une expédition punitive en pleine nature avec des bébés incapables de discerner les nombreux dangers, et nous de courir partout pour éviter qu’ils ne se blessent. A la fin, je peux écrire que j’avais faux sur toute la ligne.

Explorateurs en action

L’idée d’aller camper avec nos deux culottes courtes est de les préparer (et nous avec) pour de potentielles futures aventures plus longues en nature. Passionnés de montagne ma femme et moi, avoir des enfants étaient prendre un risque. Il ne faisait aucun doute que nous voulions élever ces dévoreurs de sommeil, mais le doute était présent quant à savoir si nous pourrions d’une manière ou d’une autre, continuer à vivre notre passion de l’outdoor. Après avoir testé la randonnée à la journée en sac à dos, les faire dormir sous une tente nous a semblé la suite logique. Au passage, le porte-bébé est l’entraînement idéal pour les expéditions,avec ses 20kg sur le dos. Cette fois-ci néanmoins, pas de portage de matériel, mais l’utilisation de notre voiture pour tout transporter. Et histoire de ne pas rendre l’opération trop compliquée, nous avions choisi un vrai camping (du côté du Parque Inglés au Chili, à quelques heures de Santiago) avec la possibilité de garer la voiture à quelques mètres de la tente.

Plusieurs options s’offraient à nous pour la tente familiale. Nous étions initialement partis sur une tente 4 personnes très légère, avec la possibilité de l’utiliser plus tard sur un trek de plusieurs mois. Mais recien nacido numéro 1 y 2 et leur méthodologie toute particulière à détruite leurs livres, ne semblaient pas compatible avec la fiche technique de ladite tente, surtout les tissus de 20 deniers. Changement de cahier des charges donc, on est parti sur du plus costaud, la MSR Elixir 4, plus lourde certes avec 4.5kg sur la balance, mais plus à même de résister à la tornade enfantine. Le « t’es sur ? » de mon dealer m’a fait légèrement frissonner au moment de l’achat, cela faisait bien longtemps que je n’avais pas eu une tente aussi lourde. Mais après le premier montagne, pas de doute qu’elle saura résister les premières années, et pour les treks plus longs, on partira sûrement sur une stratégie à deux tentes deux places. Ils seront de toute façon bien plus grand.

Parque Inglés

Ma tente préférée dans mon quotidien de montagnard est la MSR (non sponsorisé, je le jure) Access 2. Monter la Elixir, c’est découvrir ce que le luxe de l’espace veut dire. La tente est immense, facile à monter, et très agréable à vivre. Plus besoin de se contorsionner pour trouver son slip, ici, on peut même jouer au rugby à l’intérieur. Et in fine, le choix de la robustesse était celui à faire, numéro 1 adorant sauter sur la toile…

La configuration pour leur couchage était composée initialement d’un matelas carré de 1m² que l’on utilise dans leur salle de jeux, combiné à une combinaison Patagonia Hi-Loft Down Sweater Bounting (la plus chaude de la marque pour leur âge). Dans le cas où le froid devenait trop intense, nos doudounes et sac de couchage par-dessus feront une autre couche isolante. Après la première nuit, l’idée d’utiliser un matelas aussi grand était parfaite, car ils ont beaucoup voyagé dans leur sommeil. En revanche, numéro 2 s’est plainte du froid au milieu de la nuit, et placer des matelas Therm-a-rest Z Lite Sol sous leur matelas de jeu a permis d’augmenter le niveau d’isolation suffisamment pour que la seconde nuit se passent déjà mieux. Nous avons cependant pris la décision de ne essayer une troisième nuit avec cet équipement. Les températures étaient plus basses qu’annoncées, et une fois 5°C dans la tente, nous commencions à atteindre les limites basses de leur équipement. La prochaine fois que l’on se retrouvera dans ces conditions, on aura surement un pied d’éléphant en duvet pour qu’ils aient plus chaud dans la nuit.

Une autre source de préoccupation constante était l’hygiène. Sans être des parents très regardants sur la propreté, il fallait au moins que la vaisselle et les biberons soient propres en permanence. Avoir un robinet d’eau propre sur le site était un gros plus pour garder le contrôle. Dans une routine déjà chargée, ne pas avoir à collecter puis nettoyer l’eau avant consommation était un gain de temps très précieux. Nous avions aussi pris un bidon de 6L pour l’eau des biberons au cas où, et on était dans le cas où. Ce que l’on retient de notre expérience, c’est le besoin de laver dès que possible la vaisselle, pour se dégager du temps plus tard et être plus taquets en temps de crises. Avoir de l’eau courante était également idéal pour pouvoir laver les enfants légèrement chaque soir avant le couché, et ainsi ne pas perturber leur routine du soir. Les jumeaux se sont par ailleurs très vite adaptés au changement d’environnement. Enfin, dernier conseil utile, avoir à sa disposition un réchaud puissant: c’était idéal pour bouillir une grande quantité d’eau rapidement, surtout combiné avec un bouteille thermos pour gagner encore plus en flexibilité.

Et les problèmes alors? Les matins étaient littéralement intenses. Durant la journée, nous partions marcher avec eux sur le dos pour leur faire découvrir les alentours, et une des conséquences étaient qu’ils s’endormaient plus tôt que d’habitude, morts de sommeil. Même s’ils dormaient 12h, se coucher plus tôt revenait aussi à se lever plus tôt, et nous savions que seulement 20 minutes étaient tolérées entre le réveil et le premier biberon. Et 20 minutes quand on est au chaud dans son sac de couchage, c’est court ! Mais le plus dur était le post biberon. Ils avaient besoin de se dégourdir les jambes, alors que nous avions encore à prendre notre petit-déjeuner, finaliser les sacs pour la journée, et sans avoir la possibilité de les laisser jouer dehors à cause du froid. Pétage de câbles garantis.

Au final, ce fut une super expérience, beaucoup plus agréable que prévue, et moins difficile que ça en avait l’air. Bien évidemment, une logistique militaire est clé pour s’en sortir, et plus on passera de temps en amont à la préparation du séjour, plus ça devrait être facile. Quelques améliorations vont venir quant au matériel, mais nous avons déjà un kit qui fonctionne. Et pour ne pas gâcher le plaisir, revenir chez soi, c’est découvrir que le quotidien à la maison n’est pas si intense que ça.

Une réflexion sur « Première expérience camping avec mes jumeaux d’un an. »

  1. Je ne vais pas vous mentir: aucune chance que je fasse pareil mais ça a l’air dingue et je vous admire. Félicitations : vos bébés ont beaucoup de chance de pouvoir crapahuter avec vous.
    Sophie (autre maman de jumeaux, mais plus en version Center Parcs ;-))

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